Historique

C’est au cours de l’été 2003 que plusieurs étudiants et étudiantes de l’UQAM se sont réunis et ont cherché un moyen d’améliorer les conditions de travail de leurs camarades et de mettre fin à l’arbitraire entourant notamment le processus d’embauche. C’est à ce moment qu’a germé l’idée de syndiquer les employé-e-s étudiant-e-s agissant à titre d’auxiliaires de recherche et d’enseignement à l’UQAM. En juin 2003, la première rencontre de ceux qui deviendraient, par la suite, les fondateurs et fondatrices du SÉtuE a eu lieu au Café Chaos. Un exécutif provisoire a alors été nommé. Un organisateur syndical de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a également accepté de les accompagner dans le processus de syndicalisation. C’est cet esprit d’équipe qui a fait en sorte que le SÉtuE existe aujourd’hui.

La campagne de signatures de cartes syndicales, qui a rejoint un nombre impressionnant d’étudiants et d’étudiantes, s’est échelonnée sur près de huit mois. Une première requête en accréditation syndicale a ensuite été déposée devant la Commission des relations de travail (CRT) en août 2003, qui l’a refusée. Les militants du SÉtuE se sont alors retroussé les manches et ont déposé, en mars 2004, une nouvelle requête en accréditation. Après un examen attentif de cette deuxième requête, la CRT a statué que 40 % des personnes visées par la demande avaient manifesté le désir d’être syndiquées. Elle décida donc qu’un scrutin devrait avoir lieu le 30 mars 2004 pour déterminer si l’accréditation du SÉtuE allait être acceptée ou non. À la suite de cette première journée de scrutin, un grand nombre d’étudiant-e-s employé-e-s ont déploré le fait de ne pas avoir pu voter et ont fait connaître leur volonté de se prononcer sur le sujet. Avec l’accord de la commissaire de la CRT, une seconde journée de vote a été tenue le 7 avril 2004.

Lors des deux journées de scrutin organisées par le collectif pour la syndicalisation, près de 800 personnes se sont prévalues de leur droit de vote. Plus de 90% d’entre elles se sont dites en faveur de la création d’un syndicat pour les représenter. Face à cette mobilisation massive, la CRT a reconnu officiellement, le 4 mai 2004, le Syndicat des Étudiant-e-s Employé-e-s (SÉtuE) de l’UQAM. Cette accréditation est venue consolider le désir manifeste des surveillant-e-s d’examen, des correcteurs-trices, des moniteurs-trices, des démonstrateurs-trices ainsi que des assistant-e-s et adjoint-e-s de recherche d’être reconnu-e-s comme travailleurs et travailleuses à part entière et d’être protégé-e-s par un contrat collectif de travail.

Le 13 décembre 2004 a marqué le début des pourparlers avec la partie patronale. Durant quatre mois, les membres de l’équipe de négociation ont investi temps et énergie dans la cause qui leur tenait à cœur : l’amélioration des conditions de travail des étudiant-e-s. Parvenu à une entente de principe avec la partie patronale, l’exécutif du SÉtuE a par la suite convoqué une assemblée générale pour inviter ses membres à se prononcer sur cette entente. L’assemblée vota en sa faveur et la première convention collective fut signée le 30 mai 2005.

À la suite de cette signature, des étudiant-e-s employé-e-s qui étaient ni des auxiliaires d’enseignement, ni des auxiliaires de recherche ont fait remarquer à l’exécutif du SÉtuE qu’ils et elles n’étaient toujours pas syndiqué-e-s et ont demandé à l’être. Un nouveau processus de syndicalisation s’amorça dans le but d’inclure dans l’organisation du SÉtuE les étudiant-e-s employé-e-s faisant une variété de tâches liées au soutien à la vie académique de l’UQAM, par exemple les placiers et placières, les assistant-e-s mobilisateurs-trices, les préposé-e-s aux stationnements et à l’accueil, les commis, les animateurs-trices, etc. Cette campagne intensive de signatures de cartes d’adhésion syndicale s’échelonna sur moins de quatre mois. Le 2 août 2005, une demande d’accréditation de l’unité 2 du SÉtuE a été déposée devant la CRT et un certificat d’accréditation émis le 6 septembre 2005.

À l’automne 2005, le SÉtuE a consulté les travailleurs et travailleuses visé-e-s pour élaborer un cahier de revendications syndicales et présenter des propositions concrètes à ses membres en assemblée générale. Six mois plus tard, les négociations en vue de la signature de la première convention collective de cette deuxième unité ont débuté. Le 11 avril 2006, une entente de principe est intervenue entre le SÉtuE et l’UQAM. Deux semaines plus tard, l’assemblée générale l’entérinait.

La signature de cette nouvelle convention collective fait du SÉtuE le premier syndicat d’employé-e-s étudiant-e-s universitaires à obtenir un contrat d’emploi pour tous les travailleuses et les travailleurs étudiant-e-s employé-e-s par une université québécoise. Une fois encore, le SÉtuE innove lorsqu’il s’agit de la défense des droits des travailleuses et travailleurs précaires et marginalisé-e-s. Cette nouvelle convention collective est un pas de plus dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des étudiant-e-s qui occupent un emploi en milieu universitaire et qui doivent concilier travail, études et famille.

Aujourd’hui, avec ses deux conventions collectives, le SÉtuE a fait la chose la plus significative qu’il était en mesure d’accomplir : il a donné une voix à tous les étudiant-e-s employé-e-s par l’UQAM. Il n’en tient maintenant qu’à chacun et chacune d’entre vous de trouver votre place au sein du Syndicat des Étudiant-e-s Employé-e-s de l’UQAM.